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MAIDAVALE : Live Report @ le Brin de Zinc de Barberaz (73) – 16 février 2018

MAIDAVALE @ le Brinc de Zinc – 16 février 2018

Report by SEB 747

Les semaines s’écoulent et ont tendance à se ressembler. Déjà plus de la moitié du mois de février est passé et le temps file aussi vite qu’une lettre à la Poste. Qui a dit lentement ?

La neige est dans les montagnes, la pluie dans les plaines, le temps est maussade et prévu tout pourri jusqu’en fin de semaine. Enfin bref, pas de quoi avoir la banane. Ou peut-être que si, étant donné que des suédoises de MAIDAVALE passent au Brin de Zinc ce soir. Alors, go fast comme dirait VULCAIN, et direction Barberaz pour un nouveau concert !

La neige annoncée pour la fin de semaine ne s’est pas manifestée, et le temps apocalyptique attendu n’est pas venu. D’un côté, vu ce que je m’apprête à aller voir, l’apocalypse n’est pas vraiment faite pour ce style musical. Arrivé sur place, il y a moins de monde que la semaine précédente. Pour trouver où se garer, c’est assez simple. Ouf, vu qu’ils ont tendance à commencer à l’heure au BDZ et que je suis juste dans les temps, cela tombe bien !

Mais au fait, MAIDAVALE, c’est quoi MAIDAVALE ? A part bien-sûr le nom d’un quartier du centre de Londres. Venues de Fårösund, une petite localité de 800 habitants se situant au nord de l’île de Gotland dans la mer Baltique, MAIDAVALE c’est quatre suédoises qui jouent dans un style musical qui s’étend du début des années 60’s à la fin des années 70’s. Mais le tout avec un son moderne du blues d’origine. J’ai hâte de voir ça !

Le temps de rentrer dans la salle, le constat est le suivant : il y a beaucoup de monde. C’est tout de même respirable ce qui est une bonne chose, contrairement à samedi dernier. Pas de première partie ce soir, ce qui permet de prendre le temps de papoter entre copains et copines. Ah, mais c’est bien beau de passer du temps à discuter, seulement nous encombrons le devant de la scène et nos copines suédoises ne peuvent pas y accéder. Oups, désolés.

MAIDAVALE @ le Brinc de Zinc – 16 février 2018

Passé ce petit inconvénient, les filles, humbles et discrètes au possible, s’installent sur le parterre du Brin de Zinc. Une grande batteuse brune qui va se cacher derrière ses fûts, une petite guitariste blonde, une grande bassiste rousse, toutes les couleurs de cheveux sont présentes. Tiens, ils n’ont pas de chanteuse ? Ah si, une brune (encore) de petite taille, cheveux de jais descendant au-dessus des épaules et habillée tout en noir qui se positionne dos au public. Je n’avais pas fait attention. Il faut préciser, qu’il y a peu de lumières ce soir. Alors, tout de noir vêtue et sans éclairage, difficile de la voir. Lol.

Les MAIDAVALE font leurs derniers réglages et c’est parti. Dès les premières notes de « Walk In Silence », la magie opère et nous voilà projetés corps et âme dans leur univers.

Le vrombissement de la guitare, tel un bourdon qui cherche à sortir d’une maison par une fenêtre fermée, la rythmique hypnotique basse/batterie combinées, tout cet enchevêtrement musical fait des malheurs. Je dodeline de la tête, je sens un gros trip me prendre au cerveau, la fumée qui sort de la machine à fog me fait partir dans des contrées lointaines…

Wahou, j’ai l’impression d’être à Woodstock en plein mois d’août 1969. Et c’est Janis JOPLIN qui joue sur scène. Génial ! Bon, j’étais beaucoup trop jeune pour être sur place, du coup la réalité me fait redescendre sur terre, et je me réveille devant nos suédoises qui jouent devant moi. Remarque, c’est franchement excellent !

MATILDA ROTH, chanteuse aux pieds nus, habillée tel une sorcière toute droit sortie d’un conte de Grimm, nous prend totalement au dépourvu. Elle vit ses paroles et danse pendant qu’elle ne chante pas, des chorégraphies dignes des années 60. Lorsqu’elle ne hurle pas des cris stridents loin de son micro. C’est complètement démentiel ! Elle a une voix d’une justesse insolente.

Le seul problème, c’est que vue la bougeotte dont elle fait preuve, il est difficile de faire une bonne photo. Lol. En plus, la machine à fog qui m’a fait délirer tout à l’heure, refait son apparition. Cela renforce le côté immatériel des morceaux mais nous empêche d’admirer correctement la prestation des musiciennes. Note pour moi-même : OK, il faudra que j’examine ce qui sort de cette machine. Mdr.

Le groupe capture rapidement son public avec son ambiance lourde et psychédélique pendant que les rythmiques roboratives de la première partie du set – légèrement déstabilisante mais convenant parfaitement au style pratiqué par ces quatre musiciennes – déboîte un public qui reste béat d’admiration. Par certains moments, le groupe me fait penser à LED ZEPPELIN. Au féminin, bien-sûr ! La solide section rythmique composée de la belle rousse, LINN JOHANNESSON à la basse, et de la non moins élégante JOHANNA  HANSSON derrière sa batterie, laisse beaucoup de place à la remarquable SOFIA STRÖM et sa guitare teintée blues.

L’ajout du chant puissant et charismatique de MATILDA, ses danses, ce son hypnotique et psychédélique, font de MAIDAVALE un groupe détonnant. On en prend plein les yeux et les oreilles.

SOFIA nous hypnotise avec ses riffs tout droit sortis de nulle part, jouant régulièrement de ses pédales de distorsions comme un gamin avec son nouveau jouet. Elle impressionne autant que MATILDA qui nous embarque avec sa voix teintée de spleen, ses envolées agressives et ses danses dans la plus pure tradition de la scène rock beatnik. Quand je vous disais que j’étais parti à Woodstock ! La frappe puissante de JOHANNA remue plus d’un quidam. LINN, très discrète sur le côté droit de la scène, fait sortir des infrasons de sa basse sous les coups répétés de JOHANNA.

Le souffle et l’énergie des suédoises ne se perd à aucun moment. Le groupe maîtrise parfaitement le style malgré une timidité éthérée apparente. MATILDA alterne parfois entre le micro, les maracas et les périodes de transe lors des phases instrumentales. Tout le monde semble heureux et content de leur prestation.. Bref, le quatuor suédois envoûte toute la salle !

Les MAIDAVALE quittent la scène mais, comme tout le Brin de Zinc en veut encore, elles remontent sur les planches pour nous jouer un dernier titre non noté sur la set list : « The Greatest Story Ever Told ». Ce morceau vous prend aux tripes et ne vous lâche plus, comme quasiment tous les titres joués ce soir. Il n’y a pas de gros riffs qui tuent ou de shreddeur fou, mais du spleen qui vous remue les viscères et vous ramollit le cerveau. Trop fort ces filles !

La vague revival 70’s ne semble pas s’estomper avec nos nouvelles copines suédoises. Elles perpétuent le style comme il se doit et enchaîneront probablement dates, tournées et bonnes impressions pour les aficionados du style.

Merci au Brin de Zinc et sa programmation toujours variée qui nous fait découvrir des groupes dont nous aurions à peine soupçonner l’existence.

MAIDAVALE @ le Brinc de Zinc – 16 février 2018

GALDERIA + TORII : Live Report @ le Brin de Zinc de Barberaz (73) – 10 février 2018

GALDERIA @ le Brin de Zinc – 10 février 2018

Report by SEB 747

– Hey ! Tu fais quoi ce samedi soir ?
– A quatre jours de la Saint-Valentin, euh… je cherche un présent pour ma dulcinée ?
– Eh non, tu vas au concert de GALDERIA au Brin de Zinc !
– Ah bon ?
– Ben oui, il y a deux groupes de plus qui se sont greffés sur l‘affiche initiale. Faut pas rater ça !

Alors OK. La recherche du cadeau tu attendras, le concert tu iras (comme aurait dit Yoda).

Ce soir donc, direction Barberaz chez mes copains savoyards. La route, je la connais par cœur et la salle aussi. Donc c’est nickel ! J’embarque au passage mon compère Steve*74 et on the road again, again, selon un certain BERNARD L. Le trajet de nuit se fait sans soucis, la route nous est grande ouverte. Pas de bouchons ou quoi que ce soit pour perturber notre trajet. Que demande le peuple ? Un bon concert serait une bonne idée.

Euh, c’est moi ou il y a beaucoup de monde ? Ouah, c’est bien la première fois que j’ai du mal à trouver de la place pour me garer ! Ça s’annonce bien. C’est chouette pour l’orga. A peine rentré dans la salle, je vois à quel point, elle est blindée. Il y a déjà beaucoup de monde à l’intérieur. Alors ni une ni deux, je me fais tout petit et me place idéalement devant la scène.

HARRENHAL @ le Brin de Zinc – 10 février 2018

Quand les concerts débutent à l’heure, pas besoin d’attendre bien longtemps avant que les musiciens d’HARRENHAL, montent sur scène. Première constatation, ce n’est pas exactement un groupe de petits jeunes. FRED, le chanteur, à un super look : lunettes noires sur le nez (décidément c’est à la mode !), bandeau noir recouvrant la tête, veste zippée qui descend sur les hanches… ça s’annonce pas mal. Après une courte intro où le groupe est dos au public, c’est « Welcome to my life » qui résonne dans le Brin de Zinc.

Mais au fait, HARRENHAL, ça ne serait pas le nom d’un des châteaux de la série « Game Of Thrones » ? Bingo, j’ai gagné ! Dès le second morceau « Khalessi », je sais à quoi nous allons avoir droit. Le thème des chansons est basé sur la série TV. C’est assez original comme idée. Perso, je trouve ça bien. Enfin, surtout parce que j’aime bien le Trône de Fer. Mdr. FRED porte même un pendentif du dragon à trois têtes de la maison Targaryen. Plus fan, on ne fait pas.

Musicalement, les lyonnais se situent dans un registre hard 80 très influencé par IRON MAIDEN – le bassiste PAT ayant même une sangle au logo du groupe anglais. Les claviers de KRISTEEN sont bien présents dans la musique du groupe et amènent un côté attractif aux titres. C’est même surprenant sur la reprise de MAIDEN.

Sur scène, on sent que les lyonnais ont mangé du lion et qu’ils sont heureux de jouer pour nous ce soir. Les riffs du guitariste ERIC – lunettes noires lui aussi – sont bien rythmés et les titres qui s’enchaînent les uns derrière les autres sont bien exécutés. Le batteur (le deuxième FRED du groupe) n’est pas en reste non plus ; ses frappes sont rapides et puissantes. D’ailleurs sur « Night Walkers », on sent une petite influence motorheadienne qui détonne un peu par rapport au reste des titres.

L’autre FRED, chanteur de son état, n’hésite pas à descendre de scène pour chanter vers une petite fille ou faire bouger le public. Et le public lui rend bien ses attentions car il participe avec enthousiasme.

Le groupe a un humour bien à lui et n’hésite pas à répondre aux sollicitations des spectateurs, notamment lorsqu’un fan réclame une chanson de CHANTAL GOYA et que, sans appréhension, le groupe en joue un extrait. « Moi aussi, j’aime bien CHANTAL GOYA – nous dit FRED – mais je la chantais surtout pour mes enfants ! ». Humour toujours, lorsque pour la chanson « Fire in The Sky », il nous montre le backdrop du groupe qu’ils n’ont pas pu afficher et se drape dedans… 

J’ai bien aimé la prestation d’HARRENHAL même si, je dois l’avouer, j’ai eu un peu de mal avec le timbre du fantasque chanteur. Qu’à cela ne tienne, HARRENHAL, au bout d’une bonne heure (temps généreux pour une première partie), a fait le job. Ils ont chauffé le Brin de Zinc qui vue la température extérieure n’en demandait pas beaucoup plus.

TORII @ le Brin de Zinc – 10 février 2018

Place maintenant à TORII. Le groupe – ça se ressent dans la salle – a des fans. Il faut préciser aussi qu’ils sont du coin ! 

Évoluant dans un registre rock, le groupe chambérien chante dans la langue de Molière. Malheureusement pour moi, c’est un peu trop pop. Il y a quelque chose qui me dérange dans la façon dont sonnent les titres et je n’arrive pas à trouver d’où cela peut bien venir. Peut-être est-ce dû au refrain de « Toriide Express » et son « tchou tchou » qui me déstabilise. Quoiqu’il en soit, c’est bien joué, les deux gratteux sont bien en place, le chanteur sait mener son public, le bassiste et le batteur font une bonne rythmique mais, perso, il me manque ce petit côté niaque qui me ferait péter les cervicales. Du coup, je préfère laisser la place aux nombreux fans du groupe et aller écouter en fond de salle.

Le dernier titre « Barcelona », chanté en espagnol, la langue de CERVANTES, me fera revenir devant pour apprécier la fin du set. Vraisemblablement, pour moi, ils auraient dû chanter tout en espagnol, cela ne m’aurait pas fait fuir du devant de la scène. Mais ils ne sont pas venus jouer que pour moi. Sniff, je suis déçu. Mdr !

GALDERIA @ le Brin de Zinc – 10 février 2018

Après une autre heure de show, c’est à GALDERIA de défendre ses couleurs. Annoncé comme un groupe de heavy mélodique dans la veine des GAMMA RAY, HELLOWEEN, j’ai hâte de les découvrir… et ce d’autant plus que, avant ce soir, je ne connaissais le groupe que de nom.

Venus du sud de la France, ils sont ici pour promouvoir leur dernier opus, répondant au nom de « Return Of The Cosmic Men », sorti l’an passé. C’est SEB, le chanteur, qui est à l’origine du groupe en 2006 choisissant de nommer son projet GALDERIA, le royaume universel.

Dès l’entame de « Shining Unity », la solide expérience scénique que le groupe s’est forgé au fil des concerts est palpable. SEB possède un super timbre de voix et une présence scénique super cool. Il est là pour nous montrer que c’est lui le patron de la scène. Il l’arpente avec bonheur et bonne humeur. BOB le bassiste est aussi présent que son chanteur et son jeu à la fois heavy et groovy fait mouche à chaque intervention. TOM, à la guitare lead, est un riffeur de première. Il est relativement discret, mais décoche des riffs qui font mal et il a en plus, une sacrée voix. JC à la batterie frappe ses fûts comme un dément et JULIEN derrière les claviers – grand malheureux de la soirée parce que personne ne le prend en photos – complète le line-up.

Le heavy metal cosmique de GALDERIA allie puissance, mélodie et efficacité. C’est géant. Moi qui m’attendais à un truc un peu plus énervé, je suis vite conquis. Les morceaux sont super accrocheurs, mélodiques à souhait sans tomber dans la mièvrerie. Je sens que je vais vite devenir un galderien et prêcher l’appel du royaume universel de GALDERIA. Lol !

Les musiciens s’amusent sur scène. Le plaisir qu’ils ressentent à nous interpréter leurs morceaux déborde dans le public comme une déferlante qui arrache tout sur son passage. TOM et BOB sont aussi de bons vocalistes et prennent souvent part aux vocaux. Tous les titres sont joués en duo, voire en trio et donnent une chaleur toute personnelle aux morceaux.

Chaque musicien est capable de prendre la place de l‘autre. BOB en premier d’ailleurs puisqu’il chantera en lead, SEB le remplaçant à la basse, durant « Blue Aura ». Sa voix chaude est bien ancrée dans le monde de GALDERIA et surtout, il n’hésite pas à faire le frontman. Un peu surprenant pour un bassiste qui, très souvent, est relégué en fond de scène.

TOM sait aussi nous séduire par ses cordes vocales. JULIEN n’est pas non plus relégué au rang de figurant et en plus, il possède un humour tout particulier. Il hurle dans son micro «Booonnsssooooooiiiirrrrrr Chambééééééérrrrrrrrrrryyyyyy !!!» avec un accent que l’on croirait sortit de la bouche d’un américain parlant en français. Ça fait bien marrer la salle. Surtout lorsque son accent marseillais reprend le dessus. D’ailleurs, lui aussi aura droit à son morceau chanté en partie en lead : « Call Of The World 2.0 ».

GALDERIA @ le Brin de Zinc – 10 février 2018

JC a lui aussi son heure de gloire lorsque qu’il donne à une copine les clés de sa voiture qui gêne une sortie d’entreprise dehors !! Cette anecdote complètement hors sujet musicalement se déroule, comme toute cette soirée, dans la bonne humeur. Lol

On passe un excellent moment, mais tout début ayant une fin, il est temps pour GALDERIA de finir son show. Et c’est sur « Far Space » qu’ils terminent ce set… Ou pas. Les spectateurs du BDZ ne l’entendent pas de cette oreille et en redemande. « Vous en voulez encore une ? » demande SEB. « Mais on n’en a plus !! » rajoute-t-il.
Comme le public ne veut pas les laisser partir, ils nous rejouent « High Up In the Air », un titre de leur set list déjà interprété.

Enfin la fin, vous dites-vous. Eh bien non, comme les fans en redemandent encore, GALDERIA recommence un autre morceau. Pour ce dernier titre, JC déserte sa batterie et c’est BOB qui s’installe derrière. C’est de la folie pure ! JC remonte sur scène pour prendre la basse laissée en suspens. Il est un peu moins doué que ses camarades mais le fun est bien présent. Ce set n’est pas près de finir ! A ce rythme, nous ne sommes pas prêts de rentrer, et eux non plus. Mdr.

Malgré les réclamations de certains spectateurs encore un peu chauds, GALDERIA quitte enfin la scène. SEB se rend directement au stand de merchandising pour saluer ses nouveaux fans et promouvoir l’Esprit Universel qui éclaire les chemins obscurs de ce monde. En bref, un groupe simple, comme on l’aime.

Un grand merci à Paco pour cette atypique soirée et pour m’avoir fait découvrir GALDERIA !

NEAL BLACK AND THE HEALERS + FLO BAUER BLUES PROJECT : Live Report @ le Brin de Zinc de Barberaz (73) – 01 février 2018

NEAL BLACK AND THE HEALERS

Report de Steve*74

En juin dernier, j’avais raté pour ma plus grande déception le concert de NEAL BLACK au Hard-Rock Café de Lyon, alors quelle ne fut pas ma joie quand j’appris que le sieur passait au Brin de Zinc ! Impossible pour moi de rater cette date à part deux mètres de neige, mais les Dieux sont cléments avec moi sur ce coup-là.

Direction le Brin de Zinc où je n’ai plus mis les pieds depuis quelques temps déjà, mais je vais me rattraper quand je lis la programmation à venir.

A peine le temps de rentrer dans la salle que déjà les lumières s’éteignent. Contrairement à certains concerts métal, là on commence à l’heure !!

FLO BAUER BLUES PROJECT

Débarque sur scène un trio atypique. Je ne me suis pas soucié de savoir s’il y avait une première partie tellement j’étais impatient d’écouter NEAL BLACK. Renseignements pris, le groupe qui ouvre ce soir se nomme FLO BAUER BLUES PROJECT. FLO BAUER, le leader guitariste, est un précoce petit jeune habillé très sobrement. Pour l’accompagner, il s’est entouré de deux briscards d’une autre génération : BENOIT SEYLLER à la basse et PIERROT BAUER à la batterie.

Visuellement le contraste est étonnant mais musicalement l’entente est plus que parfaite. L’harmonie, la symbiose et la cohésion sont réelles entre les trois musiciens, c’est palpable.

Le répertoire tourne autour de leur premier CD sorti il y a tout juste un an en février 2017.

Du blues, encore du blues, toujours du blues, mais revu à la sauce BAUER. Des titres inédits mais aussi des classiques du genre revisités comme « Unchain my heart » de RAY CHARLES mais démocratisé par JOE COCKER, ou encore une reprise d’ALICIA KEYS dans un registre un peu différent.

FLO BAUER chante en plus de jouer de la guitare. Pour être tatillon, peut-être que la voix manque d’un peu de puissance pour obtenir une couleur de blues plus en adéquation avec les origines de ce style.

NEAL BLACK, en père tranquille, laisse à FLO BAUER et ses compères une heure complète aux musiciens pour s’exprimer librement, ce qui est rare pour une première partie.

Le set se termine avec une reprise d’ »Angie », le fameux tube des ROLLING STONES, mais ici encore dans une version très personnelle. Longue et surtout très lente par rapport à l’originale qui pourtant est un slow. Devant une assistance nombreuse pour un jeudi soir, les alsaciens quittent la scène sous les applaudissements du public, content de découvrir de nouveaux et talentueux groupes français dans un style musical non médiatisé.

NEAL BLACK AND THE HEALERS

Après un changement de scène court puisque c’est la même batterie qui sert de support aux deux groupes, place maintenant à celui que je suis venu voir et écouter, NEAL BLACK accompagné ce soir par les HEALERS. Dans un monde de brutes, un peu de blues rock apaise les âmes et les esprits… même si ce soir nous avons un blues-rock parfois énervé !

Vis-à-vis de la dernière tournée relatée par notre rédacteur en chef en juin dernier, un changement de personnel est intervenu. Le français ABDER BENACHOUR a pris la place de bassiste. Les deux autres membres sont toujours fidèles au poste. MIKE LATTRELL qui a notamment joué avec POPA CHUBBY, RICHIE HAVENS ou encore BUDDY MILES est aux claviers. Son compère DAVE BOWLER – lui aussi new-yorkais – occupe la place de batteur. Il a lui aussi joué avec des grands noms de la musique américaine. Preuve que le texan NEAL BLACK sait bien s’entourer.

Il faut préciser ici que le bonhomme a durant les vingt dernières années sorti onze albums et joué avec des musiciens de renoms dont CHUCK BERRY pour n’en citer qu’un.

Ce soir, pour notre plus grand plaisir, le quartet va jouer 1h50. Le public qui ne boude pas son plaisir est prêt à recevoir sa dose de blues-rock. Bien que NEAL soit américain, il s’exprime en français entre les morceaux… ce qui, il faut bien l’avouer, facilite la communion avec un public toujours réfractaire à l’anglais. Bon, d’un autre côté, il habite en France depuis quelques années déjà et a signé sur un label français lui aussi !

Ce qui rapidement me surprend, c’est la place que NEAL laisse au piano. Cet instrument est un plus à la musique distillée ce soir. MIKE est un virtuose et cela s’entend. Placé sur le devant de la scène à cinquante centimètres des spectateurs, il abat un boulot monstrueux. Il occupe une place importante dans les morceaux avec de nombreux solos.

Mais la vedette de la soirée est bel et bien NEAL avec son blues tout droit venu du Texas. Une musique toujours à la limite du rock, du blues et de la country. Pas de morceaux interminables, mais des solos acérés et toujours subtils qui vous font vibrer la corde sensible.

NEAL BLACK AND THE HEALERS

La voix un peu rocailleuse ou enrouée, sans toutefois être aussi grave que celle d’un TOM WAITS, nous transporte directement dans les contrées texanes ou de Bâton Rouge en Louisiane. Vous n’avez qu’à fermer les yeux pour y être ! 

Pendant un solo de basse, assez long, NEAL et MIKE quittent la scène pour aller dehors fumer une cigarette. ABDER nous montre une technique de basse efficace mais un peu longue à mon avis. Un peu plus tard, nous aurons aussi un petit solo de batterie, court pour mon plus grand plaisir.

Les premières notes de la Marseillaise retentissent à l’improviste au détour d’un morceau. Preuve que notre homme s’est bien intégré à son nouveau pays. Et puis le public est toujours content d’entendre résonner son hymne national !

Quand c’est fini, il y en a encore. Le public en redemande et moi aussi d’ailleurs. Deux morceaux supplémentaires achèvent les spectateurs. Tout le monde a la banane quand les lumières se rallument. A peine terminé NEAL se dirige rapidement au stand merchandising pour signer CDs et autographes. Le service après-vente est parfait !!

Le bilan de la soirée est forcément positif, je ne regrette absolument pas mon déplacement et je dis, vivement le 27 avril pour le prochain concert de blues au Brin de Zinc avec Fred Chapelier !!

NEAL BLACK AND THE HEALERS

DUEL : Live Report @ le Brin de Zinc de Barberaz (74) – 13 novembre 2017

DUEL

Report by SEB 747

Quoi de mieux en ce jour de commémoration de la deuxième année des événements du Bataclan, que se faire un concert ? Ce soir, il y a DUEL au Brin de Zinc. Un duel ? Ça existe encore de nos jours ? Mais non banane (comme dirait Ti-Rickou), c’est un groupe de stoner texan composé de deux ex-SCORPION CHILD, auteurs de deux albums ! Ah bon, ça me rassure alors ! Du coup, je vais aller voir ce que ça donne. Et me voilà reparti du côté de la Savoie pour assister au show de ces rednecks !

Le temps est relativement au beau fixe et j’arrive tranquillement sur place. C’est étrange, il n’y a pas beaucoup de places pour se garer. Il faut préciser que je ne suis pas spécialement en avance et que nous sommes un lundi soir. Cela voudrait-il dire que c’est full ? Bah non, dès que je rentre dans l’enceinte du BDZ, je remarque tout de suite, que de foule, il n’y en a pas vraiment. 

Le groupe ayant à peine fini de manger, on me dit qu’il va falloir patienter. Ouf, moi qui me croyais à la bourre ! Du coup, nous revenons dans les standards du BDZ, à savoir, utiliser le quart d’heure savoyard ! Je ne vais pas rater la première partie comme ça. Quoi ? Il n’y a pas de première partie ? Ok, bon, ben, on en profitera plus alors !

Le temps de discuter avec les copains du Brin de Zinc et de se reprendre une bonne dose d’ELECTRIC MARY qui sort des enceintes, voilà que les lumières s’éteignent. À peine un petit quart d’heure de passé que quatre rednecks, tatoués, chevelus et barbus, montent sur la scène. Comme il n’y a pas beaucoup de monde, même si la salle s’est un peu remplie, je me place idéalement devant la scène. Cool.

JD SHADOWZ, le batteur, frappe ses baguettes l’une contre l’autre, et les premières notes de « Fell To The Earth », morceau tiré de leur premier album « Fears Of The Dead » sorti l’an passé, résonne dans le Brin de Zinc. Les lumières sont à l’image de la musique du groupe : sombre. Forcément, pour les photos, ça ne va pas être de la tarte.

Mais, ce n’est pas bien grave, vu celle qu’on se prend direct en pleine figure !

C’est quand même bizarre, j’ai l’impression que le Brin de Zinc s’est rempli d’un coup. Bon, ce n’est pas plein, mais pour un lundi soir, c’est déjà pas mal. J’ai eu un peu peur quand je suis rentré tout à l’heure, mais je suis rassuré maintenant.

DUEL

Les texans savent manier leurs instruments et ça s’entend. Nous ne sommes pas face à des débutants ! Les américains sont ici pour jouer et, peu importe le nombre de spectateurs, ils mettent le feu.

TOM FRANK, le chanteur guitariste métisse – ex-SCORPION CHILD – a les yeux le plus souvent fermés. Barbe et cheveux hirsutes. On est texan où on ne l’est pas, il fait pleurer sa guitare sous une voix houblonnée de bière. SHAUN AVANTS, le bassiste, le seul qui n’a pas de barbe et ex-SCORPION CHILD lui-aussi, fait vrombir ses accords. Le Brin de Zinc en tremble. « When The Pigs Are Fed », le second morceau interprété ce soir, est incroyable de puissance et de lourdeur. Les coups de JD et la rapidité à laquelle il les exécute, impressionne le public. Nous montons en puissance avec « This Old Crow », toujours tiré de leur premier full length.

Les texans sont de plus en plus à l’aise et se lâchent. JEFF HENSON, le second guitariste, tape du pied sur chaque morceau et n’hésite pas à faire les chœurs. Il chante lui aussi et bouge partout dans le peu d’espace qui lui est attribué. Ses riffs sont en harmonie avec ceux de TOM. C’est vraiment très bon. Il est producteur à ses heures perdues. Dans son studio, qui se trouve à quelques centaines de mètres à peine de la fameuse maison de Massacre à la Tronçonneuse (celle du fait divers pas du film), il a produit le dernier CLUTCH, celui de CROBOT, ainsi que le dernier DUEL (on n’est jamais mieux servi que par soi-même).

Le heavy psychédélique stoner rock des locataires d’Austin fait mouche. Fortement influencé par les sons les plus sombres du proto-metal début 70’s et des pionniers du heavy des 80’s, leur son est méchamment old school et menaçant. Le public présent n’en perd pas une miette.

« Witchbanger », titre éponyme de leur récent LP est joué sur un tempo ultra-rapide. Ça groove de partout. Quelle claque entre les gencives ! Quelle puissance et quelle pesanteur ! C’est vraiment impressionnant.

JD frappe ses fûts les uns après les autres à une vitesse folle ! Et voilà « Electricity ». Ça y est, les pantalons pattes d’eph’ et les fleurs dans les cheveux ressurgissent dans mes pensées. Nous sommes en plein trip 70.

Totalement puristes, les morceaux de DUEL coupent jusqu’à l’os avec un groove lourd et profond rappelant parfois PENTAGRAM et des piques de guitares entrelacées à la THIN LIZZY. Dur et bruyant mais tout en sachant rester mélodique ! Le hard-rock tel qu’il doit être ! C’est tout bonnement monstrueux !!

La soif de riffs directs et sans fioriture des DUEL nous plonge dans l’horreur avec « Devil » datant de 2017, suivi de « The Kraken » (2016) où le groove profond du titre nous achève. « It’s the time to release the Kraken ! » fait le refrain que TOM s’empresse de hurler dans son micro. Quel morceau ! Les guitares sous accordées, le son grave qui ressort des enceintes. C’est tout simplement géant !

Les musiciens font preuve d’une débauche d’énergie saisissante. TOM, à genoux, les bras entièrement tatoués, triture ses pédales pour arrondir le son de sa guitare. Il prend toute la lumière – enfin, quand il y en a – et délivre une prestation de qualité. Ses comparses ne sont pas en restes et interprètent leur musique avec passion et intensité. On prend une méga baffe par ce stoner typé 70’s complètement hallucinant. Les frappes de JD sont de plus en plus intenses. Les murs du Brin de Zinc s’en plaignent encore !

DUEL

Les sensations que nous apporte des titres tels que « The Snake Queen », sorte de balade qui vous embroche au refrain ou encore « Heart Of The Sun », nous démontrent que ce genre de « petit » groupe a tout d’un grand.

« Astro Gypsy » démarre sous une rythmique lourde et des riffs de tueurs. Ce morceau possède un refrain subtil et nous ne pouvons nous empêcher de headbanguer. Quelle maîtrise souveraine du rock, de son atmosphère sonore, de sa décomplexion et de son efficacité. C’est complètement dingue. Je deviens un vrai fan.

Nos potes d’Austin n’ont peur de rien, même pas de la mort, et nous le prouve avec un « Fears Of The Dead » et sa lourdeur sans compromis. Qu’est-ce qu’on prend son pied ! Vraiment trop bon. « Tigers And Rainbows » continue de nous asséner des coups derrière le crâne, puis DUEL finit de nous achever avec « Locked Outside », un titre d’une puissance extrême, heavy à souhait et enveloppé de mélodie écorchée et désespérée. Dur, dur pour nos cervicales !

DUEL

Malheureusement pour nous, c’est déjà la fin. Après plus d’une heure et quart de set, dans une pénombre qui sied bien au groupe.
DUEL remercie le Brin de Zinc et nous convie au bar pour boire des bières et discuter avec eux.

Du début à la fin, les américains nous ont atomisé avec leur musique. En un mot : phénoménal. Préparez-vous pour l’Enfer ou le Walhalla, comme les critiques le disent si bien. Minutieusement conçus, ces morceaux sont une tuerie, je vous le garantis. Et si vous aimez le stoner rock teinté de 70’s, ne passez pas à côté de ce groupe venu du fin fond du Texas. L’occasion de les voir en live ne se rate pas. Je ne regrette pas un seul instant d’être venu. C’était complètement démentiel et, comme d’habitude, les absents ont eu tort. Je rentre avec la banane, en écoutant « Witchbanger », le dernier album de DUEL.

Un grand merci au Brin de Zinc pour cette superbe soirée !