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ULI JON ROTH
ULI JON ROTH au Casino de St-Julien

St-Julien en Genevois n’est qu’à 40 kilomètres, alors comment rater l’opportunité de rencontrer une légende du hard-rock lorsqu’elle pose ses valises à côté de chez vous ? Pas de choix cornélien en vue, une telle offre ne se refuse pas !

ULI JON ROTH à St-Julien, ce n’est pas une nouveauté ; notre homme a déjà fréquenté le festival Guitares en Scène comme artiste en 2013 et 2014. C’est plutôt le lieu où se déroule le concert qui est original : un Casino ! Pas le supermarché bien sûr, mais bel et bien l’endroit où certains viennent rechercher des doses d’adrénaline à la roulette ou au black jack et, accessoirement, perdre leur argent.

C’est la première fois que j’entre dans ce bâtiment alors que je passe régulièrement devant. Bon, il faut dire que les jeux d’argent, ce n’est pas vraiment mon truc, même si on y trouve une certaine jouissance. Le grand parking qui entoure le casino est presque plein, c’est bon signe !

A peine le temps de franchir les contrôles et les portes d’entrée que la lumière s’éteint. Même pas le temps de dire bonjour aux copains, quoi !

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CRYSTAL BREED au Casino de St-Julien

Le public est venu en nombre pour la capacité de cette salle. Je découvre une scène et des lights dignes de ce nom pour accueillir un concert. Alors, pourquoi est-ce le premier que je voie ici ?? La capacité est de 200 à 300 personnes et l’endroit est excellemment placé. Genève n’étant qu’à 10 kilomètres, il peut donc potentiellement rassembler du monde. J’espère qu’encouragé par le concert de ce soir, d’autres suivront !!

Pour enfin parler musique et non faire des considérations sur tout et rien, rien de mieux que CRYSTAL BREED. Cette formation allemande est cataloguée heavy prog par les spécialistes du genre. Moi, je pencherais plutôt vers du prog tout court, mâtiné classique et métal pour certains passages.

CORVIN BAHN, le clavier à l’abondante chevelure blonde, occupe une place importante dans groupe. Il a joué en studio et parfois sur scène avec GAMMA RAY, UDO, KAMELOT, MOB RULES… Avec de telles références, le bonhomme est forcément bon et ça s’entend !

L’autre élément moteur de la formation est NIKLAS TURMAN, guitariste et chanteur principal. Il partage de temps à autre le chant et les chœurs avec CORVIN. Sa voix est assez haut perchée et colle parfaitement au style progressif.

Les influences comme PORCUPINE TREE se font sentir tout au long du show. Le son est excellent et met en valeur des morceaux d’une grande musicalité, souvent complexes, et qui mettent notamment en valeur les solos de guitares. « The place unknown », sorti en 2011 déjà, est pour le moment le seul CD à avoir vu le jour. Mais un petit frère serait en gestation d’après les bruits de couloir !

Je vous encourage vivement à découvrir ce groupe sur scène ou faute de mieux sur disque.

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ULI JON ROTH au Casino de St-Julien

Place maintenant à l’attraction de la soirée : ULI JON ROTH. Certains points d’organisation étant un peu obscurs, je me posais quelques questions.

Eh bien dès le début du concert, j’ai mes réponses. Tout s’éclaire comme par enchantement ! NIKLAS et CORVIN de CRYSTAL BREED sont aussi des membres du groupe accompagnant ULI ce soir. Obtenir la première partie de la tournée a du être assez facile dans ces conditions ! Mais reconnaissons que ça n’enlève rien à leurs qualités.

ULI remercie le Casino et le festival Guitares en Scène. J’ai du coup là aussi une explication pour le choix de cette salle. Il y a un partenariat entre les deux !

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ULI JON ROTH au Casino de St-Julien

La tournée actuelle du groupe est placée sous l’égide de SCORPIONS. ULI JON ROTH a participé de 1974 à 1978 à quatre albums studio, dont le remarquable « Virgin Killer » et un live « Tokyo tapes » entré dans la légende des meilleurs double-albums. Son apport au sein du groupe à cette époque a été primordial et KLAUS MEINE lui a même laissé le chant sur certains morceaux… chose inimaginable aujourd’hui !

Profitant d’un revival général dans l’air du temps, ULI vient de sortir un disque intitulé « Scorpions revisited ». C’est la tournée promotionnelle de cet album de reprises auquel nous assistons ce soir. Alors forcément l’accent est essentiellement mis là-dessus avec « Longing for fire », « In trance », « Fly to the rainbow » et « Dark lady » pour n’en citer que quelques-uns.

Inutile de préciser que les titres sont revisités à la sauce actuelle et ne baignent plus dans leur jus d’origine. Ce petit décrassage n’est pas dérangeant pour les puristes des années 70 car l’esprit du hard planant – avec des petites touches psychédéliques – est toujours présent dans ces relectures.

ULI reste un maître incontesté de la guitare, fortement influencé par JIMI HENDRIX. Il domine les débats ce soir avec une maestria reconnue par tout le public. Cet homme, malgré un look baba cool inchangé depuis 40 ans, est un virtuose.

Fidèle à sa carrière, il n’oublie pas le répertoire de son ancien groupe, ELECTRIC SUN, avec « Just another rainbow », ni son maître avec une reprise de « All along the watchtower ».

En véritable gentleman, il laisse les autres musiciens s’exprimer, chose assez rare pour le signaler. Le chant est essentiellement laissé à NIKLAS, ULI ne se chargeant que de quelques titres.

En véritable touche à tout, il va aussi chasser sur les terres de la musique classique. Un sens mélodique incomparable, une technicité et un feeling au-dessus de la moyenne font de ces morceaux des moments d’exception.

La vitesse d’exécution des solis ne fait pas tout… contrairement à ce que pensent certains guitaristes !

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ULI JON ROTH au Casino de St-Julien

Petit bémol pour cette excellente soirée, le son. L’espace sonore est super rempli avec pas moins de trois guitares et un clavier. Il est déjà difficile en temps normal de sonoriser tout ce beau monde, alors il ne suffit pas de pousser le bouton du volume général pour avoir un travail de qualité ! Il serait préférable que le régisseur son enlève ses boules Quies avant de se mettre à la table.

Bon, j’exagère mais c’était tout de même trop fort. Dommage car pour CRYSTAL BREED, c’était parfait.

Dès la fin du concert, ULI vient presque immédiatement au stand merchandising pour échanger avec ses fans. Il est accessible et humble. Bravo !!

Et pour finir, une question : que serait devenu SCORPIONS s’il était resté dans le groupe ???

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ULI JON ROTH au Casino de St-Julien

L’aventure a commencé à peu-près comme ça :

« Chérie, tu as vu cette affiche ? Il y a AWACKS qui passe en concert avec SILVERTRAIN, le SILVERTRAIN qui a ouvert pour ROSE TATTOO en 81 ! Chérie, tu sais où c’est Riom ? Ah oui, à côté de Clermont-Ferrand… quand même… Mais tu sais, les deux autres groupes sur l’affiche ont l’air vachement bien eux aussi… Et puis, reconnait que ça fait très longtemps qu’on n’a pas été faire un tour à Clermont ! »

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LOOKING FOR MEDUSA

Et voilà comment je me retrouve devant la Puce à l’Oreille où des crêpes bretonnes m’attendaient ! Non, Clermont n’est toujours pas en Bretagne ! Là, même moi je n’y serais pas allé !! Bon passons.

En attendant mes crêpes, je papote avec des personnes qui sont devant moi au stand desdites crêpes et, bien sûr, ce sont les membres de AWACKS, de LOOKING FOR MEDUSA et de JEKYLLS !!!! 

Un très bon début de soirée avec des musicos adorables qui ont en plus de bons goûts musicaux… Sans compter qu’ils adorent mon T-Shirt de GOTTHARD ! Enfin, surtout le chanteur de THE JEKYLLS !

Heu bon, maintenant j’espère que je vais aimer leurs prestations sinon je me sauve en courant !!!

Allez, prise de connaissance de la salle. Très cool. Quelques énormes bobines disséminées dans la salle (top pour poser sa bière et ne pas asperger ses voisins quand ça remue trop !) et un immense bar au fond. On doit bien y rentrer à 350 dans cette salle, surtout qu’il y a un balcon !

Et c’est parti ! C’est à LOOKING FOR MEDUSA que revient le droit d’ouvrir les hostilités. D’entrée, je rentre à fond dans leur univers. Leur hard métal est varié, mélodique et puissant. Visiblement les musicos ont une grande habitude de la scène et le chanteur a non seulement une putain de voix, mais c’est aussi un putain de frontman !

Leur set est composé de morceaux de leur EP et de leur album à venir et c’est vraiment bon ! Même un de leur morceau qui tire sur le rap passe bien, c’est pour dire que j’apprécie vraiment leur prestation ! Ils finissent leur set par un cover d’un petit groupe australien pas trop connu, lol !!

J’apprends qu’ils n’ont pas pu monter leur backdrop. Pas grave, ça me donnera l’occasion de les revoir car effectivement ça m’a paru trop court. En tout cas, LOOKING FOR MEDUSA est une très bonne découverte pour ce début de soirée !

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THE JEKYLLS

Bon, juste le temps de reprendre des forces avec une petite galette que c’est reparti avec THE JEKYLLS !  Et là aussi, d’entrée de jeu je suis conquis : du hard, rock-hard comme je l’aime avec plein de bonnes influences, des musicos qui sont aux taquets et encore un putain de chanteur ! 

Tout y est pour rentrer dans leur monde et avoir envie de chanter avec eux.

Leurs compos sont excellentes et leur cover du « The Wall » de PINK FLOYD surboosté à leur sauce est vraiment au top ! Ils nous auraient bien fait un petit cover pas piqué des hannetons de GOTTHARD, mais vu le temps dispo il ne faut pas abuser des covers. Et puis n’oublions pas cette maxime de Ti-Rickou : trop de covers tuent le cover ! 

Bon de toute façon, dans certains de leurs morceaux on sent quand même bien le spirit of GOTTHARD !

En fin de set, le chanteur tombe le haut et fait péter les tablettes de chocolat… pour le plus grand plaisir des copines ! Non, je ne suis pas jaloux !! En tout cas, ça fait encore monter la température dans la salle même si elle était déjà bien chaude.

Encore une fois, le temps passe très vite, trop vite. J’ai pris une vraie bonne baffe, moi !

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AWACKS

Allez, le temps de me réhydrater et de faire une petite interview de LOOKING FOR MEDUSA et c’est AWACKS qui monte sur scène. On est de suite dans une config plus intimiste avec le chanteur assis sur un tabouret haut.

De toute façon, on n’est pas dans un style où les musicos se roulent par terre ! Là, on est dans un autre style musical. C’est du métal prog’, donc un style plus compliqué d’accès pour les non-initiés. 

Perso, je suis fan de leur musique et très heureux de les voir enfin en live. 

Même s’il commence à être tard et que la fatigue se fait sentir, je trouve leurs morceaux sublimes. L’interprétation est vraiment parfaite.

AWACKS, c’est vraiment un groupe qui n’est pas assez reconnu, et moi je dis que ce n’est vraiment pas juste ! 

Seul regret, on ne voit que très peu le clavier qui est non seulement caché au fond de la scène mais qui se retrouve en plus noyé par les fumigènes ! Allez, fin de leur set.

Il reste encore un groupe à venir et donc pause petite crêpe au beurre salé et citron pour tenir ! Heu non, je n’en n’ai pas mangé cinq ! Et puis, ça m’a aidé à tenir ! Et puis prendre des photos, ça donne faim, désolé !!

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SILVERTRAIN

Le concert reprend avec le dernier groupe de la soirée : SILVERTRAIN. Donc là, voyage dans le temps. Et remonter trente-cinq ans en arrière, ça fait tout bizarre ! Surtout que du groupe que j’ai vu à l’époque, il ne reste que le chanteur… Et que le look du groupe a aussi beaucoup changé ! Pas comme moi quoi, toujours aussi beau et pas une ride, lol  !! Comment ça, pas vrai et que ce n’est pas en mangeant cinq crêpes que ça va aider ?!!

Bon, retour à SILVERTRAIN. Du coup, je vais avoir un peu de mal à rentrer dans leur prestation. Pas que ce soit mal fait, mais le contraste entre l’image que je gardais d’eux et celle que je vois est  énorme ! Je suis bien conscient que c’est un tout autre line-up et une autre époque, mais ça me perturbe.

En plus, leur bassiste est parti il n’y a pas longtemps et donc ils évoluent avec une partie basse enregistrée. Et ce n’est pas sans problèmes… surtout quand un maladroit débranche accidentellement le câble ! 

Bon sinon, c’est bien fait et le chanteur qui semble s’éclater est toujours aux taquets sur scène. Après, on aime ou on n’aime pas la voix. Perso, moi j’aime bien. Les nouveaux morceaux sont sympas mais je ne suis toujours pas dedans. Et là, il est réellement très tard.

Le temps de dire au revoir aux groupes, aux personnes de la Puce à l’Oreille et aux nouveaux copains et je reprends la route. « Heu chérie, tu es sûre qu’on ne peut pas ramener la dame des crêpes avec nous, les plaques en fonte ça ne tient pas tant de place que ça ! »

Allez, je ne regrette pas du tout mon voyage aux pays des volcans car j’ai découvert des groupes de qualité sur le plan musical et humain. Et vu la qualité des groupes, ça a un fort goût de reviens-y. Mais la conclusion, c’est que Riom c’est bien, mais c’est loin !

A la revoyure les gars et long live rock’n’roll !