FESTIVAL DE VOUZIERS : Live Report @ Salle des Fêtes de Vouziers (08) – 1er décembre 2018

Report by Evildead

Pour un premier article dans les colonnes du webzine, on ne pouvait rêver mieux que cette affiche de rêve regroupant la « crème » du métal « made in France » (avec seulement un étranger mais nous y reviendrons plus tard).

Au volant de notre De Lorean roulante aménagée, nous voilà partis de Bourg-en-Bresse pour un voyage dans le temps comme seule cette affiche de Vouziers peut en proposer. Après avoir évité douze sangliers (on est dans les Ardennes, bordel!) et constaté que les Gilets Jaunes avaient fait la fête à tous les radars, ce qui a eu pour conséquence de nous permettre de shooter quelques animaux préférés d’Obélix pour notre quatre-heures (lol, of course), nous débarquons dans la coquette Salle des Fêtes de Vouziers.

Ce fest, fort de vingt-huit années d’existence, est devenu une référence dans le guide du parfait festivalier puisqu’il a accueilli des sommités telles que GRAVE DIGGER, VENOM INC, ROCK GODDESS, TANK et j’en passe et des meilleurs…

Première constatation, l’organisation est est au poil (on se croirait en Allemagne, dis donc !) et les bénévoles en plus d’être efficaces comptent parmi eux des petits rigolos qui mettront la bonne ambiance durant ce marathon de la guitare/basse/batterie.

Un tel plateau a attiré des quatre coins de la planète aussi incroyable que cela puisse paraître. On se croirait dans la Tour de Babel, avec des festivaliers qui parlent anglais bien-sûr mais aussi norvégien, roumain, finlandais, allemand, espagnol et même japonais! Inutile de vous dire que les spandex « moule burnes », les chevelures ébouriffées, les baskets montantes, les vestes à patches sont plus nombreux que les mensonges dans la bouche d’un certain ex-garde du corps présidentiel !!! Le concert a été sold out en moins d’un mois un an avant sa tenue, c’est dire !!!

Midi, l’heure de l’apéro et c’est là que tout commence avec les marseillais de VENIN qui font un retour en force après des années de sommeil symbolisé par l’exécution d’un « Trafiquant de Rock » convaincant. Je n’en dirais pas autant de leur prestation générale qui s’essouffle me semble t-il assez rapidement. Mais bon, vu le gabarit du gratteux avec qui j’ai discuté, je ne vais pas trop dire du mal des sudistes. Eh, j’suis pas malade non plus !!!

STILL SQUARE débarque maintenant. L’impression laissée par VENIN empire car là, j’ai carrément le sentiment que le groupe est peu énergique et lasse mes oreilles. Après, les groupes d’ouverture c’est fait par définition pour chauffer la salle, il faut le reconnaître.

DEMON EYES sort lui aussi d’une torpeur de plusieurs années et a ressurgi à l’occasion du Paris Metal France Festival. Si on monte légèrement d’un cran, on n’atteint pas non plus des sommets avec un nouveau line-up qui ne démérite pas mais qui contente les fans. C’est déjà ça…. Tous les classiques du groupe sont interprétés avec application mais sans trop d’âme…

TITAN déboule de son pays basque natal. Les échos qui m’étaient parvenus faisaient état d’une formation requinquée et il s’agissait maintenant de juger sur pièces. Et là, dès les premiers titres, c’est une machine infernale qui se met en route. Tout est à l’exact inverse de ce qui est reproché à leurs prédécesseurs. TITAN est énergique, sait emmener son public avec lui et donne l’impression d’être une formation du vingt et unième siècle avec un background du vingtième. La voix de PATRICE LE CALVEZ, soit on l’aime soit on la déteste, mais force est de constater qu’elle va à merveille à ce heavy qui lorgne sérieusement sur le speed métal cher à MORSURE. En interprétant les titres de leur unique album, les basques ravissent un public qui ne les a certes pas oubliés, loin s’en faut !

ATTENTAT ROCK arrive et là, la pression retombe nettement. Il faut dire que passer derrière le char d’assaut TITAN n’est pas une sinécure. Le hard-rock vintage est cependant joué avec un professionnalisme qui force le respect. J’attends de voir la suite pour me faire une idée plus précise de l’évolution du groupe.

KILLERS, les « cousins » de TITAN, investissent la scène soutenu maintenant par un public dense qui va se délecter d’un show électrique acéré. KILLERS, fort de ses multiples années passées sur les scènes de toute la France, est en place. Ils déroulent leur discographie toujours parsemée de quelques titres en basque qui aèrent leur set list. Le point culminant, paradoxalement, arrive à la fin du show où apparaît sur scène PATRICE LE CALVEZ et sa bande, interprétant des morceaux qui permettent d’enterrer la hache de guerre qui avait surgit entre les deux groupes. Moment magique que le public de Vouziers apprécie à sa juste valeur !

ADX fait figure de vétéran dans ce panel de groupes métal et va le démontrer à mon plus grand désespoir. Comme un amoureux déçu, je n’ai pas reconnu les géniteurs d’ »Exécution », « La Terreur » et autres chefs d’oeuvre du métal français. Il faut dire que les tenues de scène qui faisaient le charme d’ADX dans les années 80/90 ont disparues. Comment apprécier POWERWOLF, AMON AMARTH ou GWAR en tenue de chasseurs du dimanche ? N’oublions pas les gars que le rock’n’roll, c’est aussi un show qu’on le veuille ou non et que décorum y est primordial. Côté musique, on a quand même plaisir à retrouver tous les classiques qui émaillent une carrière désormais fournie.

BLASPHEME va me faire l’effet inverse d’ADX. Je les avais vus au PMMF et j’avais été sidéré à ce moment-là par leur manque de présence scénique et leur indigente prestation. Ils sont revenus en 2018 avec de bien meilleures intentions et on reprend de nouveau plaisir à écouter leurs titres. BLASPHEME se bonifie au fur et à mesure que les concerts s’empilent et c’est tant mieux!

VULCAIN n’a plus grand chose à démontrer vu son parcours. Avec un nouveau deal chez le label ultra-connu Season Of Mist et un album qui a reçu d’excellentes critiques, les parisiens avancent tel un rouleau compresseur ; accentuant encore une similitude qu’ils ont toujours eu avec le regretté MOTORHEAD. Là-aussi, les classiques tombent comme à Gravelotte et on en a pour notre argent. Carré et rock’n’roll, VULCAIN, au fil de son parcours, est toujours aussi costaud.

DEMON, comment dire ?… Lui est beaucoup plus dans un délire hard-rock psychédélique et détonne sévèrement avec la précédente prestation. N’étant pas particulièrement fan de ce genre de musique, je ne pourrais pas enfoncer les anglais qui se donnent du mal scéniquement (eux) pour satisfaire un public qui a quelque peu déserté les premiers rangs. On ressent cependant une certaine maîtrise de leur sujet qui transpire par tous les pores de leur musique. Même si ce n’est pas le genre de musique que j’écouterais seul dans ma chambre, je dois bien reconnaître que c’est impeccable au niveau interprétation. Le groupe clôture un marathon qui aura quand même duré plus de douze heures !!!

Je suis fourbu par cette avalanche de décibels ! La vingt huitième édition du festival de Vouziers se termine par un constat de totale réussite, tant au niveau des groupes que du public hétéroclite présent.

J’ai été ravi de faire partie de cette aventure. William et toute son équipe, que je n’oublie pas, se sont démenés pour nous concocter un moment historique dont on reparlera dans de nombreuses années. Ceux qui étaient présents pourront dire : j’y étais ! Encore mille mercis à eux !