JIMMY BARNES + DIESEL : Live Report @ MusikTheater Rex de Bensheim (Allemagne) – 16 décembre 2018

JIMMY BARNES @ MusikTheater Rex – Bensheim (Allemagne)

Report et Photos : Hi’Twist

Le rocker australien se fait de plus en plus rare en terres européennes. Il était déjà venu il y a environ deux ans, mais juste pour un mini-tour avec uniquement des dates en terres germaniques et au royaume des Lords. Son dernier passage en France remonte à octobre 2008 : Paris (Trabendo). J’avais pris à l’époque le TGV, juste pour un aller-retour sur Paname. Aussi, quand j’ai vu ces deux dates annoncées (Stuttgart et Bensheim), l’idée a germé dans ma tête de grand adorateur de ce monstre sacré du rock d’y faire un saut.

C’est un budget à passer, un week-end juste pour voir un concert ; aussi j’ai attendu jusqu’à deux semaines avant la date buttoir de ces shows. Et j’ai ainsi découvert que le concert de Stuttgart était sold out ! Dès lors, je n’avais plus qu’à me reporter sur la date de Bensheim où il restait encore quelques places. De plus, mon pote Gilles – avec qui je fais pas mal de festivals et concerts en Europe – m’avait parlé en bien de Bensheim. Même distance que pour aller à Stuttgart et avec une belle salle. Voir JIMMY BARNES dans un club, quoi de mieux pour apprécier un concert de l’artiste ?!

Je pars donc avec mon turbo 4 CV (rires) pour affronter les sept heures de route via la Suisse. Bensheim est une jolie petite bourgade à cinquante kilomètres avant Francfort. Sitôt arrivé à l’hôtel, je me dirige vers le lieu. Je découvre ce beau club, le Rex où sur les murs, on voit des photos d’artistes prestigieux y ayant joué. Belle galerie pour accéder aux toilettes : BILL WYMAN, JEFF BECK, CHRIS THOMPSON, FISH… de grands noms du blues. Et la liste est longue !

Je suis donc dans le Rex dix minutes avant l’ouverture annoncée des portes et, rigueur allemande, je suis surpris de voir une salle déjà comble ! Dur dur ! Je me faufile entre les rangs pour voir DIESEL, fidèle ami de JIMMY et musicien qu’il a voulu comme première partie. Six titres dont « Since I fell for you » (cover), « Don’t need love » (une autre cover). Au fur et à mesure des morceaux, j’avance doucement mais sûrement du trentième au sixième rang.

DIESEL, habitué depuis des années à fréquenter les clubs et salles de ce grand pays qu’est l’Australie, joue un rock efficace. L’homme nous annonce un titre qu’on doit connaître et c’est avec « Cinnamon girl » de NEIL YOUNG et son CRAZY HORSE que le public commence à bouger. « Tip of my tongue » achève ce set certes court mais oh combien efficace ! Il est rare d’être déçu par les rockers australiens en concert car généralement quand ils attaquent l’Europe, ils ont déjà un sacré CV et des kilomètres de concerts au compteur !

Petit entracte où je me dirige vers le bar le plus proche pour vite revenir dans les premiers rangs et me positionner face au milieu de la scène. Ca y est, la lumière s’éteint et JIMMY BARNES déboule sur scène ! Tout de suite, on est dans l’ambiance ! Pour résumer : un best of de sa longue carrière en solo et avec quelques titres de son ancien groupe COLD CHISEL. Adieu son côté soul et ses belles reprises, la soirée sera définitivement rock voire même big rock !

Tout comme aux J.O. de Sydney, le rocker commence par le brûlot « Love and hate ». Le son est vraiment fort et les bouchons auriculaires s’imposent pour ce premier titre. Ce soir, je n’ai pas demandé de pass photo, aussi adieu mon matos… mais j’ai accessoirement mon smartphone !

Place à l’éclate totale, ce qui va se confirmer pendant presque 01h45. Le son revient à un niveau plus acceptable avec « I’d die to be with you tonight » en duo avec JOHN DIESEL. D’ailleurs, notre homme l’accompagne à la guitare pendant tout le concert. Puis nous avons droit à deux nouveaux titres rock : « Shutting down our town » et « Criminal record », ce dernier étant un des futurs titres du nouvel album à paraître en mai 2019.

JIMMY BARNES @ MusikTheater Rex – Bensheim (Allemagne)

JIMMY va explorer toute sa carrière discographique, de son groupe COLD CHISEL (avec quatre titres) à son premier album « Bodyswerve » (84) et jusqu’à « Hindsight » (compilation revisitée en duo/2014). Etonnamment, il ne chantera qu’un titre de son album de référence « Freight train heart » (87) avec « Too much ain’t enough love »… Alors qu’il jouera trois titres de « Two fires » (90), album tout aussi commercial mais discutable.

A cinquante minutes du show, Jimmy met le turbo avec des titres très rock comme « Resurrection shuffle » (cover), « Merry-go-round » (COLD CHISEL) mais surtout le « Proud Mary » des CREEDENCE CLEAWATER REVIVAL.

Sa fille MAHALIA, en duo mais aussi en diva, va électriser la salle avec son énergie et sa voix. MAHALIA se remet en retrait aux backing vocals et JIMMY enchaîne alors avec « No second prize », un classique. Le public réagit de plus belle. S’ensuit « Seven days » (reprise de DYLAN) mais aussi un de ses plus grands succès, à la rythmique très AC/DC.

Ca s’agite de plus en plus sur scène avec aux backing vocals : JANE, l’épouse de JIMMY, MAHALIA et ELLY MAY, ses filles et JACKIE, son fils, derrière les fûts et aussi aux backing vocals.

L’intro au piano – reconnaissable aux premières notes – annonce un grand classique de COLD CHISEL, j’ai nommé « Khe Sanh », un vrai hymne en Australie. JIMMY chante et à un moment fait monter quelqu’un du public. On comprend quelques secondes après quand il montre le panneau que ce fan brandit : « Je joue de l’harmonica, et mon rêve c’est de monter sur scène avec JIMMY BARNES ». Il s’intègre sur scène et se révèle incroyable de dextérité. Le public en est impressionné ! Il a même droit à son solo d’harmonica de plus de deux minutes, encouragé par l’australien. JIMMY l’embrasse, congratulations et le fan redescend de la scène comme un gosse qui vient de réaliser son rêve.

Les premières notes de « Working class man » retentissent et tout le public en choeur, reprend ce hit.

Exit. JIMMY et ses musiciens quittent la scène rapidement mais pour mieux revenir. Les premiers accords… non je me trompe, serait-ce du AC/DC ? Incroyable et pourtant vrai, il nous balance « High Voltage » !! Le public est chaud comme la braise. Comme c’est bon avec le public qui crie corps et âme dans ce fameux refrain ! JIMMY applaudit le public tandis que JACKIE BARNES lance ses baguettes et congratule DIESEL.

Courte pause et retour pour un deuxième rappel très rock avec « Goodbye (Astrid Goodbye) de COLD CHISEL. Ca transpire le rock, rythme d’enfer. JIMMY applaudit à nouveau le public, heureux, vidé puis quitte la scène, suivi de ses musiciens.

Wouah, quel concert ! Jimmy comme à son habitude, a tout donné. Il chante toujours avec ses tripes, ce qui en fait un chanteur et un frontman exceptionnel.

J’ai en souvenir son passage au festival Free Wheels (Harley Davidson) à Cunlhat en Auvergne dans les années 90. Il était environ 17h00, les festivaliers étaient encore endormis par des rides et les excès de houblon tard dans la nuit. On était cinquante sur le devant de la scène dont une dizaine de fans. Et là, comme dans les clubs les plus reculés d’Australie où il a sévit au début de sa carrière, il y a mis tout sa verve et son énergie. Sous les riffs de guitare et sa voix baptisée au whisky, il avait réveillé toute l’enceinte du lieu et rameuté des centaines puis des milliers de festivaliers. Pour un final où il embrasera définitivement la scène ! Ceux qui l’ont déjà vu en concert, savent de quoi je parle : exceptionnel !

Il est au charbon depuis 1973 où à dix-sept ans, il intègre le groupe COLD CHISEL. Puis en 1984, il commencera une carrière solo à la discographie fournie (pas moins de dix-sept albums !). A soixante-deux ans, après trente cinq ans d’une carrière solo bien remplie, l’écossais immigré reste une figure du rock mais aussi une légende vivante dans son pays, l’Australie.